J’aperçois dans ma bibliothèque ce titre d’un livre du père Sesboüé… C’est tellement loin de mon vocabulaire et de ma façon de comprendre le christianisme que je suis resté un instant en arrêt. Peut-être est-ce dans le cadre d’un dialogue avec les protestants que ce livre a été écrit. Car tout de même…

L’idée qu’il y ait des gens « sauvés » et d’autres « pas sauvés » était peut-être naturelle à certaines époques du christianisme. Pour ma part je ne me pose plus du tout le problème ainsi: tous les hommes sont invités à monter dans l’amour; certains ont la chance de connaître le christianisme, et beaucoup d’autres pas; mais nous formons tous une foule qui « s’engouffre » peu à peu dans l’au-delà au moment de la mort. Et ma conviction que, là-bas, les enjeux de montée dans l’amour, ou pas, continuent.

Il s’agit de monter dans l’amour – approche bien différente de celle du « salut » (nécessaire à cause du péché originel??).

Quant au rôle de la grâce, il est évident: c’est à dire que c’est évidemment Dieu qui nous appelle, qui nous révèle cet amour. Et alors? Que veut-on dire en disant que c’est « par grâce »? On veut dire que ce n’est pas par nos forces que nous montons dans l’amour? Y-a-t-il une telle dualité? « C’est LUI, et c’est moi »… Il y a bien un saint qui a dit cela je pense.

Quelle vieille théologie !

P.S.: Il est vrai que, comme chrétien, et dans ma vie chrétienne, je peux à certains moments me sentir « sauvé »: vivre sous cet angle le bonheur d’être en relation à Dieu; et que « la grâce », c’est cette relation. Mais même dans ces circonstances je n’emploierai absolument pas « sauvé par la grâce »; je pourrai reconnaître que j’ai eu le bonheur que Dieu m’appelle et donc d’être chrétien: par chance? Par grâce pourrait-on dire… (pas « par la grâce).

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