Autrement vu…

Enoncer le christianisme différemment

« Plus haut, plus loin » — 30 mai 2018

« Plus haut, plus loin »

J’imagine un livre dont ce serait le titre; avec par exemple comme sous-titre:
« Dieu » existe, et nous le rencontrerons! »

« Plus haut », ce sont les dimensions que la science ignore: les NDE et tout ce qui relève du spirituel, et qui existe !

« Plus loin », c’est après la mort: tant de gens croient que l’existence s’arrête à la mort !

Un exemple de titre de premier chapitre: « Dieu », que de bêtises on dit en ton nom!  » – Sous-titre: Pour une approche « méthodique ».

Méthodique, pour ne pas employer le mot « scientifique », qui fait penser aux méthodes actuelles de la science, si fermées.

 

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Amant aimé! (et non « pécheur sauvé ») — 13 février 2018

Amant aimé! (et non « pécheur sauvé »)

Je m’aperçois que je suis en franc désaccord avec la spiritualité la plus courante, qui nous demande de partir de notre péché, de remercier Jésus de nous avoir sauvé de cette situation pécheresse, et de passer notre temps à essayer d’entrer mieux dans cet amour qui nous est donné/ nous a été donné. Approche qui me semble « mentale » et volontariste.

Mon approche spirituelle est inverse: j’ai découvert l’amour infini de Dieu, et j’ai une confiance totale dans son amour. Dieu m’aime (d’où, faute de mieux, le mot « amant » dans le titre du billet). Et j’essaie d’aimer aussi (d’aimer mon amant).

Il n’y a pas une humanité « mauvaise », que Dieu dans sa bonté est venu relever, mais des sauvageons, à peine humains au départ, à qui Dieu montre peu à peu qu’ils peuvent entrer dans l’amour infini du don.

Et parce que j’ai le bonheur et la paix de vouloir très profondément vivre dans l’amour de Dieu, parce que j’ai la certitude intérieure que Jésus nous montre le chemin et nous y fait monter, j’ai une attitude d’ouverture à cet amour; j’y avance, et le comprends peu à peu un peu mieux.

Et c’est parce que je comprends (mieux) cet amour et que j’entre en lui progressivement, que je vois mieux mes péchés (je n’aime pas tellement le singulier « mon péché »).

Peu à peu, je perçois plus finement la composante (éventuelle) de péché dans toutes mes pensées, mes attitudes.

Je ne suis pas un « vilain pécheur », que Dieu, dans sa bonté, est venu relever et qui s’obstine à pécher; je suis un enfant imparfait, « jouant » en quelque sorte, en liberté; avançant dans ma vie et découvrant toujours mieux comment aimer, comment prier; comment vivre en Dieu.

Je suggère au lecteur de se reporter à ce que je dis au sujet du péché dans mon livre « Le fait Jésus »: d’une part le 3° chapitre (pp.27-32), et d’autre part dans le 5° chapitre aux pages 65-66.

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« Le sacrifice qui nous réconcilie avec toi… » — 18 octobre 2017

« Le sacrifice qui nous réconcilie avec toi… »

Cette phrase, qui se trouve dans la prière eucharistique n°3 mais aussi sans doute ailleurs, est une des innombrables formulations insatisfaisantes, erronées même, que contient la liturgie de la messe.

Un prêtre me disait (je l’ai peut-être déjà écrit ailleurs) qu’il lit ces phrases assez rapidement, en essayant de ne pas trop penser à ce qu’il lit !

Car non seulement il existe une autre façon de voir les choses, mais la formulation ci-dessus est très regrettable.

Faut-il se représenter Dieu comme fâché avec nous avant chaque messe?
Et faut-il se représenter la messe comme un sacrifice?

Les enjeux sont importants: s’agit-il de répéter des formules traditionnelles, par respect des façons anciennes d’énoncer les choses, ou devons-nous exprimer clairement ce que nous croyons?

Il ne s’agit pas d’un sacrifice mais de la répétition, amoureuse, à la consécration, des paroles de Jésus, qui nous a proposé ce mémorial efficace, c’est à dire nous donnant réellement une participation au corps et au sang du Christ.

Il ne s’agit pas de se réconcilier avec Dieu – tel n’est pas le sens de la venue de Jésus, mais de nous unir à lui, qui nous aime.

Il s’agit donc d’un mémorial de la mort et de la résurrection du Christ, qui nous ouvre la voie du salut.

Combien d’années faudra-t-il encore pour que l’Eglise transforme ses prières, ou permette au minimum, comme je le propose dans « Le fait Jésus », une diversité, ouvrant à des formulations qui aient un sens pour les hommes d’aujourd’hui?

La concupiscence n’est pas un péché ?? ! — 16 octobre 2017

La concupiscence n’est pas un péché ?? !

Je découvre, par un questionnaire de « MOOC » fait par Catherine, que pour les catholiques la concupiscence n’est pas un péché ! Je ne dois pas être catholique !

Le raisonnement suivi, tordu, est basé sur le péché originel, et sur le caractère volontaire du péché, point sur lequel j’ai toujours été en désaccord. Voir « Folie de la conception moraliste du péché » (à propos d’une certaine déclaration de Mgr Lalanne).

Jésus avait-il de la concupiscence? Regarder une femme avec concupiscence ne serait pas un péché? Jésus regardait-il les femmes avec concupiscence? Certes, nous ne sommes pas Jésus. Mais la référence pour moi, c’est l’amour absolu, pas une liste de péchés et une idée très volontariste de la « volonté » et du « consentement ». On devrait relire les livres de Marc Oraison, qui critiquait (dès 1964!) la morale casuistique et légaliste.

Et puis relire aussi ce que j’écrivais en 2002 (« A propos du péché et de l’humilité« ), et que j’ai repris dans mon livre « Le fait Jésus« .

Dire que le péché doit être volontaire, cela rejoint une notion de « loi de justice » humaine. Paul écrit dans l’épitre aux Romains (Rm 9, 31-32): « Israël, qui poursuivait une loi de justice, est passé à côté de cette loi. Pourquoi ? Parce qu’il l’a poursuivie, non pas en vertu de la foi, mais comme si elle relevait des œuvres ».

« Ni par vaillance, ni par force, mais par l’esprit du Seigneur » (Za 4,6)

Ils sont sur une loi de volonté, et non sur une loi de grâce, où l’on vit ou essaie de vivre en Dieu, et où tout ce qui n’est pas amour est péché; non pour s’en désoler, mais pour se remettre, comme la petite Thérèse, entre les mains de Dieu.

Conversion, initiative de Dieu…? — 22 septembre 2017

Conversion, initiative de Dieu…?

Deux points – liés entre eux, venant à nouveau du livre de dialogue évangéliques-catholiques. Je cite en italiques:

La conversion: c’est « se détourner de.. » pour « se tourner vers.. »
Pour moi la conversion – initiale-, c’est l’entrée dans la foi, donc en effet se tourner vers Dieu.
Mais ce n’est pas forcément ni directement « se détourner de ». C’est découvrir que Jésus est la source de la vie; et donc peu à peu modifier certaines convictions – éventuellement changer certains comportements.
C’est à la fois de l’immédiat (un changement dont on se rappelle la date), et du progressif. C’est passer ensuite toute sa vie à monter vers Dieu, chacun à sa manière.

Elle est la réponse de l’homme à une initiative de Dieu
Certes le texte précise « .. par l’oeuvre du Christ et le don de l’Esprit », ce qui implique que Dieu ne parle pas forcément directement à chacun, mais le problème que je vois est plus large: il est que le texte fera supposer au non-croyant que c’est Dieu qui décide, et – pire – qu’il choisit peut-être de ne pas parler à tel ou tel. L’arbitraire d’un tel Dieu est inacceptable pour les hommes.
Drôle de conception de Dieu. C’est sûrement de la théologie traditionnelle (« tout vient de toi, ô Père très bon »), mais ce n’est pas ainsi, pratiquement, que les choses se passent; c’est l’homme dans sa liberté qui, un jour donné, se convertit.
Après, mais après seulement, il découvrira l’action de Dieu dans sa vie.

La conversion est une réponse de l’homme, oui: quand il a compris ce que Dieu est et propose. Mais ne présentons pas un Dieu aux « initiatives » imprévisibles, qui est inacceptable pour un esprit moderne même chrétien.

Simple question de formulation? Oui, précisément. Il y a des formulations qui n’ont plus de sens aujourd’hui, à supposer qu’elles en aient eu dans le passé.

« Dieu donne à qui il veut » ? — 20 septembre 2017

« Dieu donne à qui il veut » ?

Je lis dans un livre récent d’Adrien Candiard (« Quand tu étais sous le figuier » Cerf 2017, p.72) :

« L’amour de Dieu est un cadeau, qu’il donne à qui il veut« .

Insupportable ! Est-ce cela que je veux annoncer à mes amis non chrétiens, ou à mes amis chrétiens dans la peine?
Ce n’est pas ainsi que je vois Jésus, et sa relation avec ses disciples. Il est vrai qu’Adrien Candiard donne surtout, dans le texte ci-dessus, des exemples du Premier Testament. Mais quand-même…

Il ne faut pas confondre l’amour de Dieu et la perception que nous avons, à un instant donné, de cet amour. Que nous ayons l’impression, à un moment donné, que Dieu ne se donne pas à nous, ne signifie pas que c’est vrai. Je suis convaincu que Dieu, comme Jésus, n’est qu’amour. Cela ne signifie pas qu’il nous manifeste toujours sa présence. Jésus n’était pas non plus toujours présent auprès de ses apôtres. Que connaissons-nous de l’au-delà et de la façon dont il se manifeste à nous? Mais ce n’est pas à nous de prétendre pouvoir dire, comme dans la phrase ci-dessus, ce que Dieu veut.

Le cadeau, l’amour, il est là. Mais nous avons du chemin à faire pour comprendre ce qu’il est, et entrer dedans, en vivant cet amour.

Que Dieu ne supprime pas les épreuves, pour faire de nos vies un jardin de roses, c’est évident. Que Dieu n’ait pas supprimé le mal sur terre, c’est clair aussi.

Alors, approchons-nous de Jésus, même si quelquefois nous vivons notre foi dans les ténèbres.

P.S.: Si on parle, non plus des croyants, mais de l’ensemble des hommes, et si on se demande par exemple pourquoi tel ou tel n’a pas été « touché par la foi » (il faudrait trouver une meilleure expression), je reprends la comparaison avec Jésus: il n’a pas parlé à tous les hommes, et c’est l’église, maintenant, qui a la charge de transmettre. Jésus n’a pas – de mon point de vue et pour reprendre l’expression d’Adrien Candiard – « donné le cadeau de son amour à qui il voulait »: à X et pas à Y. L’itinéraire de chacun est différent; et ceux qui n’ont pas découvert l’amour de Dieu sur cette terre le découvriront après, j’en suis convaincu.

L’homme a-t-il besoin d’être sauvé? — 19 septembre 2017

L’homme a-t-il besoin d’être sauvé?

Cette question me laisse perplexe. Je la trouve dans un livre rendant compte du dialogue catholiques-évangéliques (« Evangéliser aujourd’hui » – Salvator 2017).

Le mot « besoin », et encore plus l’idée d’être « sauvé », ne sont pas dans mon approche spirituelle.
Bien-sûr je peux reconnaître, intellectuellement, que j’ai « besoin » de Dieu. Mais ma relation à Lui ne se pose pas du tout en termes de « besoin » – elle est en termes de vie dans l’amour. Et s’agissant des hommes qui n’ont pas découvert Dieu, je leur propose d’ouvrir les yeux, de découvrir un univers d’amour incroyable; cela ne se situe pas en termes de « besoin ».

Quant au concept de salut, j’en parle longuement dans « Le fait Jésus ». Il ne s’agit pas d’être « sauvé » (de quoi?), mais d’entrer dans l’amour. D’être en plénitude.

La question que j’aurais posée est: Peut-on expliquer aux hommes ce que c’est que d’entrer dans l’amour de Dieu? J’emploie le mot Dieu, mais en  fait je préfère l’éviter, et dire simplement « découvrir l’amour véritable, l’amour selon Jésus, l’amour tel que Jésus nous l’a montré.

P.S.: En page 15 je trouve l’affirmation: « Une impérieuse nécessité – évangéliser! » Je crains que cette phrase relève déjà, sans en avoir l’air, du langage, ou plutôt de la pensée « de Canaan »: le mot nécessité n’a pas ce sens, et n’aurait pas sa place dans un dialogue que j’aurais avec un non-croyant !

« Jésus triomphe de la mort » — 14 septembre 2017

« Jésus triomphe de la mort »

  • Ce blog repart pour une nouvelle vie, cherchant à réfléchir sur d’autres façons dont il serait possible d’énoncer le christianisme, afin que ce qui est dit soit clair pour les hommes d’aujourd’hui. Et donc centré notamment sur une explication de phrases usuelles de la « langue de Canaan », comme disent certains protestants ou évangéliques.

« Jésus triomphe de la mort »: Jésus a souffert et est mort; rien que de banal. Jésus a eu des souffrances atroces certes, mais il n’est pas le seul, cela arrive à des condamnés – même si les souffrances de Jésus ont sans doute été exceptionnellement fortes -, et arrivera encore.

Alors, quoi de spécial en Jésus? Que veut-on dire ? Pourquoi dit-on que « la mort est vaincue »?
– D’une part Jésus nous révèle, par sa résurrection, qu’il y a une vie après la mort. Pour beaucoup de non-chrétiens, la mort est la fin; et pas mal d’entre eux en ont peur.
– D’autre part la venue de Jésus s’accompagne du don de l’Esprit aux croyants: cela veut dire que nous comprenons que Jésus nous invite nous aussi à donner notre vie par amour, jusqu’à en mourir. Les lettres de Saint Paul nous y appellent également.

Cela dit la mort est toujours là. Mais le chrétien ne la voit plus de la même façon. Loin d’être un terme, elle est le chemin par où nous acceptons de passer pour aller vers plus d’amour. A la limite elle n’a plus d’importance.

Avec Jésus, en ayant compris qui est Jésus et quel est le sens de notre vie, la mort n’est qu’une étape. Et au lieu de nous présenter la figure d’une échéance inquiétante, elle est le passage dont nous attendons la venue avec confiance, pour entrer ensuite encore plus dans l’amour: dans la vie de l’au-delà.

Notre compréhension de la mort a changé!

« Une juive devenue croyante »? — 16 juillet 2008

« Une juive devenue croyante »?

Le chapitre 16 des Actes des Apôtres parle d’un disciple nommé Timothée, « fils d’une femme juive croyante ». Plusieurs traductions précisent même « fils d’une juive devenue croyante », alors que le mot « devenue » ne figure pas dans les manuscrits.

Il y a là un problème de fond, car les juifs sont eux aussi des croyants! C’est pourquoi d’autres traductions choisissent de dire: « une juive devenue chrétienne ».

Le mot « croyant » a certes un sens précis dans les Actes, mais au delà de la fidélité au texte, il faut tenir compte du sens actuel des mots, et de la sensibilité de nos frères juifs.

Ce texte me paraît donc choquant, comme je l’ai déjà signalé dans mon analyse d’un certain nombre de passages de la traduction liturgique.

Il me revient à l’esprit que des responsables du judaïsme ont demandé il y a quelques années aux chrétiens quand ils se décideraient à (je cite de mémoire) « enlever du Nouveau Testament les passages antisémites ». Cette demande, bien que compréhensible, m’avait surpris, car un chrétien pense évidemment qu’on ne peut pas modifier les textes.

Mais à la lumière de l’exemple ci-dessus je comprends mieux ce qui est possible: exprimer en langage d’aujourd’hui ce que signifie exactement pour nous chacun des passages en cause.

La délivrance de notre corps? — 15 juillet 2008

La délivrance de notre corps?

Mon expérience de la mise au point de documents au sein de comités m’a montré que l’on fait parfois une modification à un texte pour éviter une difficulté que l’on a repérée, et on ne s’aperçoit pas que la nouvelle rédaction crée une autre difficulté éventuellement plus grande.

Tel est me semble-t-il le cas pour Romains 8,23 où la traduction liturgique dit: « Nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps ».

Interprétation banale pour un auditeur: le chrétien attend d’être délivré de son corps… Or ce n’est pas du tout de cela dont il s’agit, mais de la rédemption de notre corps (trad. Segond et Jérusalem), ou encore de la délivrance pour notre corps (TOB).

L’auditeur comprendra que le corps est quelque chose dont il faut être délivré… Que le corps est mauvais.
Il est vrai que Saint Paul dit au chapitre précédent (7,24): « Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort » (TOB). Mais le contexte est particulier, et Paul ne dit pas « Qui me délivrera de mon corps » mais de ce corps qui

La réflexion chrétienne considère que le corps n’est pas un simple vêtement, que l’on peut remplacer par un autre: c’est tout l’homme qui est appelé au salut.

Ne cherchons pas à être délivré de notre corps, mais acceptons-le et « glorifions » le…