Autrement vu…

Enoncer le christianisme différemment

La délivrance de notre corps? — 15 juillet 2008

La délivrance de notre corps?

Mon expérience de la mise au point de documents au sein de comités m’a montré que l’on fait parfois une modification à un texte pour éviter une difficulté que l’on a repérée, et on ne s’aperçoit pas que la nouvelle rédaction crée une autre difficulté éventuellement plus grande.

Tel est me semble-t-il le cas pour Romains 8,23 où la traduction liturgique dit: « Nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps ».

Interprétation banale pour un auditeur: le chrétien attend d’être délivré de son corps… Or ce n’est pas du tout de cela dont il s’agit, mais de la rédemption de notre corps (trad. Segond et Jérusalem), ou encore de la délivrance pour notre corps (TOB).

L’auditeur comprendra que le corps est quelque chose dont il faut être délivré… Que le corps est mauvais.
Il est vrai que Saint Paul dit au chapitre précédent (7,24): « Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort » (TOB). Mais le contexte est particulier, et Paul ne dit pas « Qui me délivrera de mon corps » mais de ce corps qui

La réflexion chrétienne considère que le corps n’est pas un simple vêtement, que l’on peut remplacer par un autre: c’est tout l’homme qui est appelé au salut.

Ne cherchons pas à être délivré de notre corps, mais acceptons-le et « glorifions » le…

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« Digne de moi »? — 14 juillet 2008

« Digne de moi »?

Dans l’évangile d’aujourd’hui (Matthieu 10,34 et suivants), Jésus dit notamment :

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi »

Le texte grec est clair: c’est bien là le mot utilisé par Matthieu. Mais ce n’est pas ainsi que je conçois notre relation à Dieu et au Christ. Nous avons, au 21° siècle, des exigences de cohérence plus fortes dans la formulation de notre foi que n’en avaient les premiers chrétiens.

Sommes-nous « dignes de Jésus »? Bien-sûr que non, mais en même temps je n’emploierais pas habituellement un tel mot. Car c’est bien décourageant pour le chrétien de base, comme pour celui qui envisage de devenir chrétien, à qui cela risque de donner une idée fausse de notre relation à Dieu. La radicalité de cette phrase est utile, mais en même temps elle effraie.

Dans Jésus-amour j’ai proposé:

« Qui n’accepte pas d’être séparé de son père ou de sa mère ne peut venir avec moi » (ch.63).

Il me semble que cela dit la même chose! Qu’en pensent les lecteurs de ce blog?

Insatisfaction… —

Insatisfaction…

J’ai eu l’occasion d’indiquer dans mes blogs l’insatisfaction et la gêne que je ressens en écoutant la lecture des textes bibliques à la messe. Je me dis en effet: si un non-chrétien est là, que comprendra-t-il, que sera-t-il amené à penser de ce que les chrétiens croient?

Je pense que le christianisme peut s’exposer de façon claire et compatible avec la façon dont raisonne un homme de notre époque. Mais quel travail immense d’adaptation est à accomplir!

Traduction ou adaptation? Les deux sont nécessaires. Dans « Jésus amour » j’étais allé assez loin dans l’adaptation, notamment en fusionnant les évangiles en un seul texte.

Ce blog devrait permettre de réfléchir à une version des textes qui soit aussi proche que possible des originaux, tout en présentant une vision du christianisme tenant compte de la réflexion accumulée depuis 20 siècles.