Autrement vu…

Enoncer le christianisme différemment

« Jésus triomphe de la mort » — 14 septembre 2017

« Jésus triomphe de la mort »

  • Ce blog repart pour une nouvelle vie, cherchant à réfléchir sur d’autres façons dont il serait possible d’énoncer le christianisme, afin que ce qui est dit soit clair pour les hommes d’aujourd’hui. Et donc centré notamment sur une explication de phrases usuelles de la « langue de Canaan », comme disent certains protestants ou évangéliques.

« Jésus triomphe de la mort »: Jésus a souffert et est mort; rien que de banal. Jésus a eu des souffrances atroces certes, mais il n’est pas le seul, cela arrive à des condamnés – même si les souffrances de Jésus ont sans doute été exceptionnellement fortes -, et arrivera encore.

Alors, quoi de spécial en Jésus? Que veut-on dire ? Pourquoi dit-on que « la mort est vaincue »?
– D’une part Jésus nous révèle, par sa résurrection, qu’il y a une vie après la mort. Pour beaucoup de non-chrétiens, la mort est la fin; et pas mal d’entre eux en ont peur.
– D’autre part la venue de Jésus s’accompagne du don de l’Esprit aux croyants: cela veut dire que nous comprenons que Jésus nous invite nous aussi à donner notre vie par amour, jusqu’à en mourir. Les lettres de Saint Paul nous y appellent également.

Cela dit la mort est toujours là. Mais le chrétien ne la voit plus de la même façon. Loin d’être un terme, elle est le chemin par où nous acceptons de passer pour aller vers plus d’amour. A la limite elle n’a plus d’importance.

Avec Jésus, en ayant compris qui est Jésus et quel est le sens de notre vie, la mort n’est qu’une étape. Et au lieu de nous présenter la figure d’une échéance inquiétante, elle est le passage dont nous attendons la venue avec confiance, pour entrer ensuite encore plus dans l’amour: dans la vie de l’au-delà.

Notre compréhension de la mort a changé!

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« Une juive devenue croyante »? — 16 juillet 2008

« Une juive devenue croyante »?

Le chapitre 16 des Actes des Apôtres parle d’un disciple nommé Timothée, « fils d’une femme juive croyante ». Plusieurs traductions précisent même « fils d’une juive devenue croyante », alors que le mot « devenue » ne figure pas dans les manuscrits.

Il y a là un problème de fond, car les juifs sont eux aussi des croyants! C’est pourquoi d’autres traductions choisissent de dire: « une juive devenue chrétienne ».

Le mot « croyant » a certes un sens précis dans les Actes, mais au delà de la fidélité au texte, il faut tenir compte du sens actuel des mots, et de la sensibilité de nos frères juifs.

Ce texte me paraît donc choquant, comme je l’ai déjà signalé dans mon analyse d’un certain nombre de passages de la traduction liturgique.

Il me revient à l’esprit que des responsables du judaïsme ont demandé il y a quelques années aux chrétiens quand ils se décideraient à (je cite de mémoire) « enlever du Nouveau Testament les passages antisémites ». Cette demande, bien que compréhensible, m’avait surpris, car un chrétien pense évidemment qu’on ne peut pas modifier les textes.

Mais à la lumière de l’exemple ci-dessus je comprends mieux ce qui est possible: exprimer en langage d’aujourd’hui ce que signifie exactement pour nous chacun des passages en cause.

La délivrance de notre corps? — 15 juillet 2008

La délivrance de notre corps?

Mon expérience de la mise au point de documents au sein de comités m’a montré que l’on fait parfois une modification à un texte pour éviter une difficulté que l’on a repérée, et on ne s’aperçoit pas que la nouvelle rédaction crée une autre difficulté éventuellement plus grande.

Tel est me semble-t-il le cas pour Romains 8,23 où la traduction liturgique dit: « Nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps ».

Interprétation banale pour un auditeur: le chrétien attend d’être délivré de son corps… Or ce n’est pas du tout de cela dont il s’agit, mais de la rédemption de notre corps (trad. Segond et Jérusalem), ou encore de la délivrance pour notre corps (TOB).

L’auditeur comprendra que le corps est quelque chose dont il faut être délivré… Que le corps est mauvais.
Il est vrai que Saint Paul dit au chapitre précédent (7,24): « Qui me délivrera de ce corps qui appartient à la mort » (TOB). Mais le contexte est particulier, et Paul ne dit pas « Qui me délivrera de mon corps » mais de ce corps qui

La réflexion chrétienne considère que le corps n’est pas un simple vêtement, que l’on peut remplacer par un autre: c’est tout l’homme qui est appelé au salut.

Ne cherchons pas à être délivré de notre corps, mais acceptons-le et « glorifions » le…

« Digne de moi »? — 14 juillet 2008

« Digne de moi »?

Dans l’évangile d’aujourd’hui (Matthieu 10,34 et suivants), Jésus dit notamment :

« Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi »

Le texte grec est clair: c’est bien là le mot utilisé par Matthieu. Mais ce n’est pas ainsi que je conçois notre relation à Dieu et au Christ. Nous avons, au 21° siècle, des exigences de cohérence plus fortes dans la formulation de notre foi que n’en avaient les premiers chrétiens.

Sommes-nous « dignes de Jésus »? Bien-sûr que non, mais en même temps je n’emploierais pas habituellement un tel mot. Car c’est bien décourageant pour le chrétien de base, comme pour celui qui envisage de devenir chrétien, à qui cela risque de donner une idée fausse de notre relation à Dieu. La radicalité de cette phrase est utile, mais en même temps elle effraie.

Dans Jésus-amour j’ai proposé:

« Qui n’accepte pas d’être séparé de son père ou de sa mère ne peut venir avec moi » (ch.63).

Il me semble que cela dit la même chose! Qu’en pensent les lecteurs de ce blog?

Insatisfaction… —

Insatisfaction…

J’ai eu l’occasion d’indiquer dans mes blogs l’insatisfaction et la gêne que je ressens en écoutant la lecture des textes bibliques à la messe. Je me dis en effet: si un non-chrétien est là, que comprendra-t-il, que sera-t-il amené à penser de ce que les chrétiens croient?

Je pense que le christianisme peut s’exposer de façon claire et compatible avec la façon dont raisonne un homme de notre époque. Mais quel travail immense d’adaptation est à accomplir!

Traduction ou adaptation? Les deux sont nécessaires. Dans « Jésus amour » j’étais allé assez loin dans l’adaptation, notamment en fusionnant les évangiles en un seul texte.

Ce blog devrait permettre de réfléchir à une version des textes qui soit aussi proche que possible des originaux, tout en présentant une vision du christianisme tenant compte de la réflexion accumulée depuis 20 siècles.